Dès sa plus tendre enfance,de Vevey à Genève, Catherine Blondin aimait observer la nature et l' évolution de ses créatures dans leur environnement: elle mettait du sel de cuisine sur les limaces et des allumettes dans les fourmilières,elle éprouvait,au cours des années,les plaisirs subtils de l'écrasement des punaises avec une pierre plate (déjà l'amour du minéral) et de l'enfermement sous un verre de guêpes et araignées,pour mieux les étudier; sans

 

parler de la fascination d'une petite queue de lézard qui s'agite toute seule après l'avoir arrachée à son propriétaire.
 
Puis vint mai 68,la vague écologique et l'amour universel. Afin d'expier ses péchés,Catherine décida de s'enfermer pendant 5 ans dans un lieu de retraite: l'école des Arts Décoratifs de Genève,où elle prit conscience du rapport intrinsèque entre le pétrissage de la terre, la vie,la mort et tout un tas d'autres questions métaphysiques qui formèrent sa vision du monde (et son caractère).
Au gré d'expositions diverses,plus ou moins locales,les céramiques de Catherine reflètent les paysages de sa campagne genevoise.
 
Mais son intarissable envie de voyage la pousse à effectuer des stages dans des pays exotiques:Le Québec,la Turquie,le Mexique, la France,le Costa-Rica. Elle découvre la photo,ce troisième oeil magique avec lequel elle se met à observer
créatures sortent à l'air libre,chauffées aux rayons de son four électrique, elles sont heureuses de rencontrer l'être humain et vice versa!
 
Pour que la fiction dépasse la réalité et que ses bébêtes évoluent encore plus librement dans la verdure de vos jardins,Catherine se lance dans les poteries de jardin sur lesquels des animaux de plus en plus exotiques se promènent,batifolent, (se) grimpent...Vivent,quoi!
Caméléons,iguanes,salamandres,grenouilles de toutes espèces,coléoptères de toutes couleurs...Vous en voulez encore?
 
Victime de son succès,Catherine ouvre une galerie-atelier à Estavayer -le-Lac, charmante ville médiévale lovée sur la rive sud du Lac de Neuchâtel (c'est dans les vieilles pierres que l'on fait les meilleurs lézards) où sa production prend rapidement un essor inespéré,enrichie par un séjour à Madagascar dans le but d'embrasser les caméléons (ben quoi,si ça marche avec les crapauds...)
Catherine retourne dans sa galerie pour constater qu'il manque de la verdure, de l'espace et que la majorité des animaux qui rentrent sont d'envahissants bipèdes...Sa misanthropie latente lui fait choisir une fermette à Middes où elle peut s'adonner à la culture de ses jardins, publics et secrets...
 
...bonheur de courte durée, un désir d'espace et de larges horizons l'expatrient... Une  maison en pierres jaunes au milieu des pâturages charolais (l'étape suivante étant le Taklamakan) où elle perfectionne ses créatures de terre, d'eau,d'air,de feu et de végétaux et le 8 ème jour se repose enfin!
                                               
                                                      Carlo.
 
les petites créatures cachées dans les jardins et qui réveille en elle une culpabilité enfouie; elle décide donc de redonner vie à toutes ces bestiole qu'elle a persécutées 
dans le passé:.de la photo à la terre il n'y a qu'un pas; fini, la période bucolique utilitaire; balayés,les grands coups de pinceaux expressionnistes développés dans son atelier à Montet (Fribourg),elle va désormais recréer un monde animal inhabituel,naviguer entre le jardin de curé et la fôret amazonienne.Dans des expositions et sur les marchés ses